Sommeil : ces Lyonnais qui nous aident à mieux dormir

60 % des habitants d’Auvergne Rhône-Alpes disent avoir des troubles du sommeil. Photo DR/Marc LIGER

 

Plusieurs études ont montré que le 1er confinement avait eu un réel impact sur le sommeil. En France, 74 % des adultes interrogés par l’enquête Coconel ont rapporté des troubles au bout de deux semaines, la moitié estimant que ces troubles étaient apparus avec le confinement.

En région, 39 % des participants à l’étude menée par Lise-Boudeau-Lepage, géographe à l’université Jean-Moulin-Lyon 3, avaient rapporté des insomnies dans un contexte de dégradation du bien-être. Jeunes, inactifs et actifs en télétravail exclusif sont les plus touchés. C’est moins le temps de sommeil que sa qualité qui est perturbée. L’INSV  (Institut National du sommeil et de la vigilance) retient aussi que, « après la phase de sidération » du 1er confinement, 23 % des Français ont cherché à améliorer leur sommeil pendant le 2e confinement grâce à une meilleure alimentation, des horaires de couchers plus réguliers, une limitation des écrans, une activité physique, de la relaxation… des mesures recommandées afin de « bien dormir pour mieux faire face » à la pandémie.

Sylvie MONTARON

 

Guérir de ses cauchemars en réécrivant leur scénario

Les rêves servent à réguler nos émotions, à “digérer” ce que nous vivons…

Ainsi, les cauchemars ont augmenté pendant le 1er confinement et ils été nourris par la pandémie comme l’ont montré les songes apocalyptiques de fin du monde où tout s’effondrait, racontés par des participants à l’étude menée par Perrine Ruby, chercheuse au Centre de recherches en neurosciences de Lyon (CRNL), en mars 2020. A contrario, l’imaginaire des patients souffrant de cauchemars chroniques a été marqué par ces éléments ! C’est ce qu’a constaté le psychologue Benjamin Putois, également chercheur au CRNL, en interrogeant, en mai 2020, une vingtaine de patients qui avaient suivi, trois ans plus tôt, une thérapie par rescénarisation d’images mentales (IRT). Si une moitié a déclaré avoir fait plus de cauchemars pendant le confinement, ce n’était pas le cas de l’autre moitié. Et ces “cauchemardeurs” étaient restés dans leur thématique habituelle.

Malgré la crise sanitaire, ces patients faisaient toujours trois fois moins de cauchemars qu’avant leur thérapie. « C’est une preuve de la robustesse de cette méthode », relève ce docteur en sciences cognitives, qui avait mené avec d’autres chercheurs lyonnais, une étude publiée en 2019 dans Psychotherapy and Psychosomtics, sur un programme IRT menée à distance sur 67 patients. 70 % avaient guéri de la chronocité de leurs cauchemars avec une fréquence et une détresse de ces mauvais rêves réduites de 60 %. « Ce n’est pas une méthode

Benjamin Putois. Photo Progrès/Robert MAS

.miracle », prévient le psychothérapeute dans son “Manuel de guérison des cauchemars”(1) présentant cette méthode au grand public. Dans ce livre très pédagogique, le chercheur conduit le lecteur pas à pas, en lui expliquant d’abord la fonction des rêves puis le cercle vicieux des cauchemars chroniques. Des exercices de visualisation sont proposés tout au long de ce cheminement pour amener le lecteur à regarder en face ses cauchemars, à les transformer en rêves en réécrivant leur scénario, scène après scène, jour après jour, avec, à l’appui, des exemples de cauchemars de noyade, d’examens ratés, de poursuite sans fin ou d’accidents de la route réécrits par des patients pour finir en Happy end.

S. M.

 

Manuel de guérison des cauchemars, enfant-adulte”, Benjamin Putois, Ed. les Arènes, 20,90 €

 

 

 

 

 

Patrick Lemoine. Photo Progrès/DR

Patrick Lemoine Psychiatre à Lyon, docteur en neurosciences

 

« Les somnifères ne font pas dormir ! »

 

“Docteur, j’ai mal à mon sommeil. Pour dormir naturellement”, Patrick Lemoine, Éditions Odile Jacob, 21,90 €.

 

Fervent défenseur du « bien dormir sans médicament », le Dr Patrick Lemoine part à nouveau en guerre contre les benzodiazépines et médicaments apparentés dans son dernier ouvrage(1).

« N’ayons pas peur des mots, ces produits devraient, selon moi, être retirés du commerce pour trois raisons : d’une part, ils sont inefficaces ; d’autre part, ce sont des poisons dont la toxicité au long cours n’en finit plus de se confirmer ; enfin, il existe d’autres moyens physiques, psychologiques et psychothérapeutiques permettant de dormir sans risques et tellement plus efficaces et durables. Je demande donc solennellement aux autorités de prendre enfin leurs responsabilités et d’interdire ces molécules, sauf dans le cadre du sevrage alcoolique », écrit ainsi le psychiatre lyonnais.

« Non, les somnifères et les tranquillisants ne font pas dormir ! », poursuit Patrick Lemoine, « Il n’existe pas de vrais somnifères, c’est-à-dire de substances médicamenteuses capable d’induire le sommeil. Tous ces produits sont en fait des sédatifs qui produisent une anesthésie plus ou moins légère et ont surtout essentiellement un effet anti-éveil », précise ce docteur en neurosciences, soulignant que « les personnes qui passent leur nuit en perdant conscience sous l’effet de ces drogues ne bénéficient pas des bienfaits du sommeil.

Adepte du placebo, le Dr Lemoine délivre ses méthodes pour le sevrage de ces médicaments ainsi que des conseils d’hygiène, de remèdes naturels ou des gadgets technologiques pour ceux qui dorment mal, trop ou trop peu…